GUILLAUME STROHL
Artiste peintre, Hyperréalisme contemporain
Né à Versailles en 1983, Guillaume Strohl développe très tôt une relation intime à la peinture. Il découvre la pratique artistique auprès de son grand-père, sur le port de Honfleur, où l’observation du réel constitue ses premières expériences du regard et de la représentation.
Après une formation aux Beaux-Arts, il poursuit son parcours dans le dessin et l’illustration, puis se forme à la peinture décorative à Nantes. Ces expériences successives construisent une pratique fondée sur l’observation, la précision du geste et une attention particulière à la matière, à la lumière et au corps.
Sa peinture s’inscrit aujourd’hui dans une recherche autour de la figure humaine, et plus particulièrement de la figure féminine. L’hyperréalisme constitue son langage initial : il observe le visage et le corps avec une grande précision afin de dépasser la simple représentation et de faire émerger une présence, une émotion ou un état intérieur.


Au fil de son parcours, il développe une technique singulière en utilisant notamment le crayon de maquillage appliqué au pinceau. D’abord explorée dans ses œuvres monochromes, cette pratique lui permet d’interroger la peau, la lumière, les transparences et les textures, tout en créant une relation particulière entre matière picturale et représentation du réel.
Cette recherche trouve notamment son expression dans la série Femme et l’eau. Les figures féminines y apparaissent immergées, traversées par les reflets, les bulles et les mouvements de l’eau. Le portrait devient alors le lieu d’un passage : des profondeurs vers la surface, de l’obscurité vers la lumière, de l’identité visible vers une forme de transformation. La référence au baptême y apparaît comme une dimension symbolique, sans se substituer à l’expérience sensible de l’image.
Cette notion de passage constitue progressivement un axe central de son travail. Dans ses recherches plus récentes, Guillaume Strohl introduit la couleur, l’huile, l’acrylique, les reliefs et la feuille d’or. La matière n’est plus seulement destinée à reproduire le réel : elle devient elle-même porteuse de sens.
Avec Alpha & Omega, puis La Gardienne du Seuil et Le Passage des Mondes, sa peinture s’ouvre davantage au symbole et à la dimension spirituelle. La figure féminine y apparaît comme une présence protectrice, guerrière ou médiatrice entre différents états. L’armure, la lumière, l’or, l’ombre et la croix deviennent des éléments plastiques susceptibles d’être lus à plusieurs niveaux.
Son travail actuel se situe ainsi à la rencontre de plusieurs temporalités : l’image contemporaine, la mémoire des représentations anciennes, la figure mythologique et la tradition chrétienne. Il ne cherche pas à reproduire ces références, mais à comprendre ce qui demeure vivant dans leurs formes et leurs symboles, et comment ils peuvent être réinvestis par une peinture figurative contemporaine.
Sa pratique poursuit aujourd’hui cette évolution : partir du visible pour interroger ce qui se trouve derrière l’image. Le visage devient un territoire intérieur, le corps un lieu de transformation et la matière un moyen de faire apparaître progressivement une seconde lecture.
Son intérêt pour Rome s’inscrit naturellement dans cette recherche. La confrontation directe avec l’Antiquité, le christianisme, la Renaissance et le baroque représente pour lui l’occasion d’approfondir la relation entre corps, beauté, lumière, spiritualité et représentation, et de faire évoluer son langage pictural au contact de ces différentes strates de l’histoire de l’art.
À travers la peinture, Guillaume Strohl cherche ainsi moins à reproduire le monde qu’à en révéler certaines traces : celles de la mémoire, de la fragilité, de la transformation et de la présence humaine.
Je ressens quand j’observe,
je partage quand je peins… »

